05 mars 2009
il m'arrive parfois - 03/12/2008
Il m’arrive des fois de vouloir me jeter dans le vide
Parce qu’il me manque une odeur ou un sourire
Il me revient souvent le temps de l’enfance avec toi
Ces vides d’aujourd’hui qui me creusent l’âme si fort
Te souviens-tu de ce chemin qui montait à l’ombre des châtaigniers
Jusqu’au marché et ses étals hauts en couleurs ?
Ma main dans la tienne, tu tirais vaillamment ton caddie
Chargée de tes courses et de mon amour
Te souviens-tu de ces pièces et billets que Papy te donnait ?
C’était un peu juste pour tes courses
Mais assez pour une sucette ou un tour de manège
Je savais déjà que tu comptais tes pièces et ta viande
Te souviens-tu des gâteaux que tu cuisais tant bien que mal
Dans ta poêle le samedi matin avant d’arriver chez nous ?
Tes kilos posés dans le giron de ton pull tu te faisais douceur
Et nous appelais « mes chéris » en souriant
Il m’arrive des fois de vouloir sauter dans le vide
Parce que tu me manques à en crever
Parce que ma peine est si grande
Que j’ai l’impression que je vais en exploser
Me vois-tu de ton paradis blanc où je t’imagine ?
M’attends-tu dans un coin de mon salon
Comme tu m’attendais le samedi dans ta maison
La cafetière crachotant doucement ?
J’ai encore en moi le goût de ton café cuit et recuit
Il n’était vraiment pas bon tu sais
Mais je ne sais pas en boire d’autre
Je sens la chaleur de la tasse qui me réchauffait le cœur
Te souviens-tu de nos discussions sur la vie ?
De ce jour où tu as pleuré dans mes bras la mort du corbeau ?
De l’après midi où tu as accepté mes prises de photos ?
Du samedi où tu as essayé de jouer sur mon violon ?
Il m’arrive des fois de vouloir m’envoler dans le vide
Parce que je ne sais pas comment faire autrement
Pour te retrouver là où tu es partie, de l’autre côté du chemin
Le fil n’est pas coupé mais il est si loin de moi que j’ai peur
Je me souviens de nos éclats de rire rien qu’à nous
Je sens ton bras sous ma main tandis que tu me tirais au chaud
Lorsque je venais du froid de l’hiver pour te voir
« Viens vite au chaud » me disais-tu tendrement
J’ai froid Mamie, tellement froid depuis que tu es partie
Il me reste le son de ta voix sur des cassettes de répondeur
Et ton image sur une cassette vidéo
Je relis tes lettres et repense à nos moments
Je ne passe plus au coin de ta rue, il y a des maisons sur ton terrain
Tu ne réponds plus au téléphone, il y a une voix que je ne connais pas
Tu ne me serres plus dans tes bras alors que j’en ai tant besoin
Tu me laisses crever si loin de toi
Un jour quand je ne pourrai plus t’attendre, je m’envolerai vers toi
Un jour où je n’en pourrai plus de m’en vouloir de t’avoir laissée partir
Un jour où je ne saurai plus essuyer mes larmes et qu’elles me noieront
Un jour je tomberai et tu me rattraperas
18 juillet 2008
Le saut de l'ange
Tout au bout de mes mots
Je suis arrivée sur cette falaise
L’air du temps me bouscule, bras écarts
Le fond du canyon si profond qu’il est gris
Saut à l’élastique ou sans retenue
Quelle main me retient ?
Je jauge mon espace
Autour de moi, la poussière du vent
Au bout de mes maux connus
Il en reste que je ne sais pas
Il va encore falloir creuser
Le sol est sec à l’ombre du vent
Si ma parole est libre, mes mots sont espace
Mais les sentiments me manquent
Les couleurs et les notes me mélangent
Couloir de vent qui m’attire vers où
Des restes de pensées
Au fond de mes poches
Entaillent mes sentiments
Comme des morceaux de verre
Le cri du busard me rappelle à l’ordre
Un parfum se dévêt devant mes yeux
Les rayons du soleil caressent mes joues
Les doigts du vent tirent mes cheveux
En haut de cette falaise je ne sais que faire
La descendre ou en gravir une autre ?
Comment m’y retrouver dans ces couloirs
A flanc de souvenirs ?
Je m’assois tout au bord
Je ne sais pas où je suis
Je ne sais pas où j’en suis
Je ne sais pas qui je suis
Matin d’une nuit houleuse
La fatigue ferme mes yeux
Sous les paumes de mes mains
Je sens la terre qui respire
Je me sens si pleine mais si vide
Je suis en parfaite désharmonie
Mais je n’ai plus peur et me redresse
Je tombe dans le vent qui me tient
26 juin 2008
Gouffre
Quand le passé bouffe le présent,
Quand la souffrance m’empêche de parler
Mal à la gorge car chaque mot est une épine
Pas de larmes car je suis au delà
Quand il me faut parler parce qu’il est l’heure
Quand je me tais parce qu’il n’est plus l’heure
Quand le masque que je mets chaque matin
Ne cache plus mon regard
S’attacher à quelqu’un quand il ne le faut pas
Attendre le rendez vous mais ne plus oser s’y rendre
Se retrouver désespérée lorsque c’est terminé
Parce que je ne peux endiguer mes flots
Parce que je ne peux plus, tout simplement
Parce que je sais qu’elle lit entre mes lignes,
Les lignes de ma vie, les lignes de ma peur
Parce que j’ai trop mal et que je déborde
J’ai peur parce qu’il suffirait d’une parole
J’ai mal parce que j’appréhende le moindre geste
J’ai si froid au fond de moi
Je culpabilise de l’inquiéter
Je regarde le métro qui entre en gare
Je regarde les voitures lancées à fond sur l’avenue
Je regarde ma fenêtre et le ciment de la cour
Je compte les cachets en me demandant combien
Devoir vivre au jour le jour tel un enfer
Etre cordiale de 9 heures à 18 heures
Récupérer l’angoisse à la porte de la société
Cette angoisse qui m’a attendue toute la journée
Je sens alors mon estomac qui se tord
Je sens mes yeux se fermer, je marche telle un aveugle
Je me laisse bousculer, même plus envie de répondre
Mon téléphone peut sonner, mon cœur n’est pas là
Une fois par semaine me dire que je vais réussir à parler
Mais au dernier moment ma gorge qui me fait mal
Ces maux qui sont des lames
Demander de l’aide quand je ne sais comment l’accepter
A chaque pensée, je me dis que c’est la dernière
Chaque larme qui arrive, je la refoule sans peine
J’ai en moi la dureté du désespoir
L’enfant en moi qui pleure parce qu’il ne sait pas
L’adulte en moi qui hurle parce qu’il ne sait plus
Partir et revenir pourtant avec un infime espoir
Me dire que cette fois ma trachée va s’ouvrir
J’ai si peur de ce que je pourrais dire
Je pense plus vite que je ne parle
Je ne parle plus, je ne mange plus
Reddition d’un corps meurtri
Abdication de mon esprit en surchauffe
Parce que la douleur est la plus forte
Parce que les mots pour la décrire ne sont que barbarismes
Parce que je ne sais plus qui croire
Quand j’ai si peur de ces gens qui m’attirent à eux
Pour me tirer des sables mouvants où je m’enfonce
Ce soir peut-être je vais sourire
Ce soir mes larmes couleront peut-être enfin
Ce soir je trouverai peut-être la clef du cadenas
Ce soir peut-être je m’envolerai à tire d’ailes
Des ailes trop petites pour me soulever
Un cadenas trop vieux et trop rouillé
Des larmes arides qui ne pleuvent plus
Le sourire peint du clown triste
Quelque chose serre mon cœur
Quelque chose étrangle mon estomac
La nourriture ne passe plus
Les maux grandissent tels des murs
Quand le cauchemar de mon enfance hante ma mémoire
Cet unijambiste dont je suis la jambe
Couverte de lambeaux de peau et de sang
Quand je me réveille le cœur battant la chamade
Quand la nuit dans mes rêves, je tente de sauver des enfants
Mais l’avion explose en les éjectant
Je vois les flammes et les enfants qui explosent et flambent
Un par un sans que je puisse rien faire
Je vois des choses qui ne sont pas
Hier soir dans l’obscurité qui tombait
J’ai vu des chatons sur le sol qui remuaient en vain,
J’ai vu un chat sous la table
Je ne dormais pas, j’étais bien réveillée
Mais quand j’ai allumé la lumière, il n’y avait rien
Je deviens folle, mon cerveau disjoncte
Ma tête est trop lourde à l’instar de mon corps
Je voudrais quelqu’un qui me dise
Comment éteindre la lumière
Comment récupérer ma parole
Que mes yeux puissent se fermer sur autre chose
Je voudrais quelqu’un qui me sorte de cet océan
Dans lequel je me noie
Des ombres montent des profondeurs pour me tirer
Je ne les reconnais pas mais je sais qu’elles sont miennes
Je ne sais pas, je ne sais plus,
J’ai gagné quelques batailles mais perdu la guerre
Je n’ai plus le désir de rester ou de déserter
Je voudrais juste m’allonger et dormir
Je n’attends plus ni un regard ni une main
Je ne peux croire que cette torture va s’arrêter
Je ne peux plus respirer sous cette terre
Je ne peux plus parler, trop de maux
Qui a raison, qui a tort
Les fondations ont été sabotées
Le bâtiment s’est affaissé sur lui-même
Il ne reste que des ombres
Je ne trouve plus ma petite flamme
Elle a été soufflée
Je ne sais pas comment la rallumer
Alors que la nuit m’enveloppe inexorablement
27 juillet 2007
il y a un an
Un an que tu es partie,
le jour de ma fête
j’ai voulu y voir un signe
à l’aide d’un joli texte
j’essaie de croire que tu es là
dans la pièce d’à-côté
mais ces jours derniers
j’ai le cœur lourd
et des envies de te voir
il me prend parfois l’envie
de prendre mon téléphone
il faut du temps mais ça passe
je me demande de temps en temps
si de là où tu es tu penses à moi
si tu es heureuse là où la mort t’a portée
j’ai envie de crier, en silence
d’appeler ton nom
même si je sais que c’est en vain
maintenant me reviennent des phrases
de rires et sourires autour d’une tasse de thé
me revient aussi ta présence
13 juillet 2007
Pensées
Mes pensées volent et virevoltent au fil du vent
Elles se posent sur une fleur comme sur un souvenir
De ci de là, elles s’attachent à d’autres pensées
Plus timides qui restent sur le bord sans se lancer
Après un instant de flottement, les dernières
Déplient leurs ailes et se laissent porter par le vent
Vagues d’air et de parfum sous le vent
Au fil des pétales et du pollen, montent et descendent
Au fil d’un bois, elles se déroulent telles du vif argent
Elles savent que pour se déployer il faut se retenir
Comme les oiseaux, elles planent là-haut
Piquent et repiquent pour remonter le rose aux joues
Devant la vallée qui s’étend et se repose à perte de vue,
De petites loupiottes clignotent au ras du sol
Certaines pensées balisent le terrain
Pour l’atterrissage des rêves
12 juillet 2007
Les démons du passé
Ils sont venus, les démons du passé,
sous les traits de voix amies,
ils ont dit des choses horribles,
m'ont poussée à sauter.
Ils avaient apporté des images de peur,
ont vidé leurs poches dans mon cœur,
ils me présentaient un avenir de noirceur,
me disaient de renoncer au bonheur,
tel une porte ouverte sur l'horreur.
J'ai eu si mal en reconnaissant leurs visages,
je leur ai tendu mes poignets,
j'ai avalé leurs cachets,
puis j'ai dormi et renoncé à lutter.
J'ai vu dans l'inconscience des terreurs,
j'ai aperçu dans la nuit des hurlements,
et puis j'ai vu Papy,
qui me regardait et disait non.
Les grilles sont tombées, elles ont écrasé des chiens,
les cris se sont mêlés au grincement des portails,
j'ai vu ma mère qui pleurait,
et mon père qui jubilait.
Les démons m'ont tirée vers les flammes,
mes poches ont brûlé, mes vêtements aussi,
je me suis retrouvée nue, presque en vie,
devant le soleil qui rougissait et la lune qui s'éveillait,
l'un de ses rayons a touché mon cœur.
Je me suis réveillée, les anges crucifiés avaient disparu,
pas de sang, plus de cris,
j'ai tout jeté et j'ai pleuré,
pour me laver.
22 juin 2007
Un vieil homme
Pierre
Un vieil homme tassé au fond d'un fauteuil,
mon grand-père, synonyme heureux de mon enfance,
au fil des câlins sur ses genoux,
des parties d'échecs sur la planche peinte,
durant des après-midi entières,
L'amour n'était pas compté
et je me souviens de ses mains abîmées
par les travaux fatigants et meurtrissants,
je revois son regard, je sens son odeur.
Je me souviens d'une veste sans manches
dans laquelle j'aimais m'enfouir,
je regardais émerveillée ces mains noires
redevenir roses sous le savon sableux.
Je garde l'odeur en moi l'odeur des batailles
pour être assise en bout de table,
des parties de jetons sur la table cirée,
des énigmes verbales, sources de rire.
Il reste au fond de moi la tristesse de l'au-revoir le soir tard,
quand je rêvais encore, endormie dans la voiture,
des moments venant de s'écouler.
J'ai encore en moi les sourires échangés au cours d'un repas,
les regards complices, les sentiments à mots couverts.
Je me souviens du jour où, pudique, il m'a offert
le dictionnaire de mon voyage,
nous savions tous deux que je partais pour longtemps.
Il me reste des lettres échangées,
des fous-rires et des discours sur la tolérance.
J'ai aujourd'hui le goût salé des larmes,
depuis qu'il est parti encore plus loin,
il est là-haut, il me manque,
le père de mes jeunes années.
Je rêve qu'il est encore là,
que le téléphone sonnera un jour, que ce sera lui.
Je ne veux plus continuer, je veux le rejoindre,
attends-moi...
Non amour - 14 juin 2006
Un air de musique qui me touche fait couler mes larmes. Il y a des jours ainsi où la moindre note ou le moindre regard ou mot fait s’ouvrir les vannes.
Je m’approprie une histoire racontée en chanson par quelqu’un que je ne connaissais pas et soudain je pleure et j’ai envie de mourir, là, d’un coup.
Sans comprendre.
Certains meurent au nom de l’amour. Ai-je le droit de mourir au nom du non amour ? Ai- je le droit de partir juste parce que soudain je n’en peux plus ? quand penser à ceux qu’on aime ne suffit plus, quand regarder ces enfants grandir et se dire qu’ils vont vivre, tomber amoureux, être aimés avoir des enfants et surtout savoir que leurs parents sont des gens bien, se dire qu’on n’a pas eu la chance de les avoir ceux là comme nos parents ; juste savoir, parce que ça résonne dans ma tête du matin au soir et encore plus fort du soir au matin, que les miens n’ont pas été à la hauteur ; ne pas oublier que ma vie ne vaut rien et que je l’ai ratée.
Me dire que je ne suis pas fautive n’allège en rien ma culpabilité ; culpabilité de quoi ? de ressentir ? de vivre ? oui je vis ; non je n’en ai plus envie. Et alors ?
Ne pas vouloir d’enfants pour ne pas leur faire de mal mais savoir qu’on finira sa vie tout seul et que ces enfants dont on ne voulait pas ne seront pas là quand on sera vieux, qu’il n’y aura pas de petits enfants pour nous aimer tout simplement.
Oui les amis seront là et leurs enfants aussi, mais nous ne serons plus que « les amis des parents » et même q’ils nous aiment aujourd’hui, ils nous oublieront et notre vieillesse les saoûlera ce jour là et on restera comme des vieux cons, comme une vieille conne à défaut d’être deux, je ferai partie des statistiques.
Les insomnies rythment mes nuits et ne m’aident pas à me sentir mieux, quand je vois ces couples dans la rue, j’ai envie de leur tirer dessus ; quant à leurs mômes, j’ai envie de les pousser sous des voitures ; pour qu’ils soient tous aussi seuls que je le suis, pour qu’ils soient malheureux comme je le suis.
J’ai envie de partir ; loin ; si loin. Pour ne plus revenir ; pour oublier
Sentiments - 24 avril 2006
à l'abri dans son écrin de chair,
la fillette endormie se prépare à rejoindre la lumière du monde
tandis qu'à l'autre bout de la chaîne familiale
la vieille femme se prépare à entrer dans Sa lumière
Sentiments contradictoires, vie et mort, joie et peine
la douleur à coups sourds
à mes tempes tambourine le message
mes larmes marquent la cadence
il ne va rester qu'une marche entre la lumière et moi
je grandis, forcée par le malheur
une autre fillette, déjà grandie,
m'a confié un secret dans un murmure
depuis, les tam-tam résonnent dans ma tête
la pluie martèle mon coeur ; ma raison vacille;
je tiens debout à la fore des muscles,
pas de choix ; ne pas s'écrouler
je ne savais pas les menaces et les violences
sur moi je m'étais repliée, abandonnant derrière moi
frère et soeur ; la vie devant moi
le passé m'a rattrappée, grande claque qui me coupe
j'imagine Mamie dans sa chambre, attendant de voir Son Dieu
je pense à la fillette pas encore née,
tandis que la petite blonde que j'aurais dû protéger,
résistait seule sur son canapé aux menaces de l'ennemi
je ne savais pas, je n'ai rien voulu voir
j'avais pris la fuite et abandonné ma soeur,
presque 20 ans trop tard, l'aveu enfin,
la parole qui la libère m'emprisonne
Vivre avec la douleur
Notre douleur, physique ou dûe à une maladie n'égale jamais la douleur causée par la perte d'un proche, de plus s'il s'agit de celle d'un enfant.
Je suis guérie de mon cancer, mais la douleur qu'il m'en reste est l'attitude des gens à cette époque : entre ceux qui se sont lâchement enfuis et ceux qui m'ont dit franchement qu'ils ne pouvaient assumer ma maladie, j'en ai perdu beaucoup parmi ceux auxquels je tenais. Ma douleur a été d'autant plus dûre que je n'ai pas eu le temps d'assumer le cancer qui me tombait dessus car à 3 jours d'écart, ma mère a eu un AVC (accident vasculaire cérébral) et j'ai dû m'occuper d'elle. Je ne me suis donc pas occupée de moi et c'est ce qui m'a fait tenir car il était hors de question pour moi de perdre ma mère. résultat des courses, j'ai passé 4 ans sans penser au cancer, mais à elle. ce que j'ai bien enregistré par contre, c'est les réflexions des "amis" et de la famille : "maintenant que t'as perdu du poids (26 kg à cause des traitements), c'est bien, continue !" tous ces cons qui même dans la maladie ne voient que le moment où vous rentrez dans le moule !!!! mine de rien, si je n'avais pas été obèse, aurais-je supporté tout ça ?? pas sûr enfin, dans mon cas, tout est bien qui finit bien, car je suis déclarée guérie, même si je dois encore avoir des traitements régulièrement "au cas où". Mais la douleur avec laquelle je vis, c'est de voir ma mère dans cet état. Elle a récupéré une grande partie de son autonomie mais pas la faculté de parler ni celle de relire, bien qu'elle me fasse croire le contraire. Elle comprend tout mais nous devons faire des phrases courtes, parce qu'en fait, elle a du mal à comprendre... pour moi, vivre avec la douleur, c'est une douleur morale, et mon remède c'est plonger dans les livres et m'évader......loin.... il y a d'autres douleurs, ce sont les souvenirs, ceux qui empêchent de vivre sereinement, ceux qui pointent leur affreux museaux pendant notre sommeil et le transforment en cauchemars. ces souvenirs qui nous bouffent plus efficacement que tout le reste et qui font surtout que personne ne peut comprendre nos sautes d'humeur.... le conseil semble le même : "c'est du passé, passe à autre chose"..... le nombre de fois où j'ai envie de répondre "merde!"..... je vous laisse l'imaginer

